Sondage CGT-SECAFI 2018 : baromètre des cadres

FICHIER PDF / UGICT-CGT – BAROMÈTRE CADRES

Ce sondage fait ressortir le divorce des cadres avec les directions d’entreprises. L’ensemble des indicateurs reste au rouge, avec une dégradation depuis le précédent baromètre Ugict de 2016.

  • Un mécontentement salarial qui monte

59 % des cadres considèrent que leur rémunération est en décalage avec leur temps de travail (+11 points depuis 2015), 53 % avec leur implication (+2 points depuis 2015). Cette colère est nettement plus marquée dans la fonction publique, où l’austérité salariale est largement dénoncée : 70 % des cadres de la fonction publique considèrent que leur rémunération est en décalage avec leur implication (+15 points depuis 2015), 69 % qu’elle est en inadéquation avec leur temps de travail (+25 % points depuis 2015). Sur chacune des questions les femmes affichent une insatisfaction plus importante, ce qui confirme leur lucidité sur les inégalités salariales.

  • Un temps et une charge de travail qui explosent

62 % des cadres considèrent que leur charge de travail a augmenté et 51 % que leur temps de travail a augmenté. Ils sont 46 % à déclarer travailler plus de 45 h hebdomadaires, et 60 % à déclarer travailler durant leurs jours de repos. Ces chiffres illustrent du présentéisme et de la disponibilité permanente qui sont toujours associés à la responsabilité professionnelle et sont au cœur des mécanismes de plafond de verre excluant les femmes des responsabilités professionnelles.

  • Un management qui nie le rôle contributif des cadres

62 % des cadres considèrent qu’ils ne sont pas associés aux choix stratégiques et 54 % d’entre eux que les choix ou pratiques de leur entreprise ou administration entrent régulièrement en contradiction avec leur éthique professionnelle. Par ailleurs, 42 % considèrent que le management se détériore. Au cœur du système d’évaluation, évaluateurs et évalués, les cadres sont très critiques : 68 % considèrent que l’évaluation professionnelle est fondée sur de mauvais critères et 60 % qu’elle manque de transparence. Alors que les pratiques de ranking et d’instrumentalisation de l’évaluation pour licencier, mettre sous pression et casser le collectif de travail ont fait l’actualité dans certaines entreprises, la critique des systèmes d’évaluation est majoritaire dans l’encadrement.

44 % des cadres disent souhaiter une définition de l’encadrement qui ne se limite pas aux seuls encadrants mais intègre aussi les experts (seulement 23 % souhaite un statut réservé aux seuls encadrants). Ils souhaitent que de nouveaux droits soient associés au statut cadre, et notamment 90 % à exiger un droit de refus, d’alerte et l’alternative, pour leur permettre de faire primer leur éthique professionnelle, 89 % un droit effectif à la déconnexion et 94 % à souhaiter une égalité professionnelle femmes / hommes en matière de déroulement de carrière et de rémunération.

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